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stratège et stratégie

 
Qu'est-ce que la stratégie ?

 
La stratégie est basée sur une démarche d'anticipation en vue d'un objectif. Elle vise à choisir des actions, à les mettre en oeuvre et à les coordonner afin d'obtenir un résultat. Dans cette optique de manœuvre qui peut dériver, seul le but recherché compte ; les moyens sont illimités et les individus n'ont aucune valeur pour les stratèges.

"Stratégie" est usuellement opposé à "tactique", qui pour ce dernier mot renvoie plus à une logique d'ordonnancement, de méthode. (Voir ci-contre l'histoire du mot stratégie).

La stratégie est utilisée dans différents domaines, comme celui de l'armée (dont elle issue), de l'économie, de la politique, du management, de la communication, du sport et des jeux. Cependant elle dépasse largement ces cadres d'autant qu'ils sont combinés entre eux.

La stratégie, souvent considérée comme un art de la ruse, s'exprime sur deux axes : l'un direct, de front, visible, nous pourrions dire en lumière ; l'autre indirect, de façon dissimulée, obscur.

Ces pratiques devraient être pondérées car elles sont pour beaucoup à l'origine des manquements à l'éthique.

Aux sources de la stratégie :

Les premiers traités de stratégie connus dates de plusieurs siècles avant Jésus Christ ; notamment parmi les plus anciens de la Chine antique "L'art de la guerre" de Sunzi (appelé aussi, Sun Tse, Sun Tze, Sun Wu de son vrai nom) date de l'époque du Printemps et Automnes,
VIIe-Ve s. av. JC. 
Ce traité fut connu en Europe à partir de 1772 grâce à la traduction du père JJ. Amiot.

L'aspect synthétique de l'analyse de la guerre de Sun Wu a rapidement séduit ainsi que l'importance accordée à la stratégie indirecte. Les principes généraux en sont :

"- connaître son adversaire, attaquer en priorité sa stratégie, éviter sa force, le décevoir et le manipuler."   

Si Sun Wu et Sun Bin préconisent l'usages de ruses, de feintes, de tromperies ou encore de manifestations d'écrasante supériorité pour annihiler la volonté du camp adverse, cette stratégie répond à des objectifs différents de ceux de la guerre telle qu'elle est conçue en Occident. 

L'objectif est de limiter les actions de destruction au strict nécessaire, de les éviter le plus souvent possible.

Nous retrouvons cette opposition dans les deux jeux de stratégie que sont le jeu d'échecs et le jeu de go.

>>> lire la suite sur Sunzi et les autres références bibliographiques

 

En savoir plus sur le jeu de go

Jeu de go

"Le monde est un jeu de go dont les règles ont été inutilement compliquées"
Proverbe chinois

Jeu de go

J. Abadie

1.2

 

Liens internes / sujets connexes :

  
Histoire des mots et étymologie : 
stratège et stratégie
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STRATÈGE n.m. est un emprunt savant (1721) au grec stratêgos "chef d'armée général, "stratège (à Athènes)", "chef militaire", formé de stratos "armée", "foule", "troupe" et de  agein "conduire" . Stratos, dont le sens originel est "armée installée, qui campe", se rattache à une racine indoeuropéenne ster "étendre" que l'on retrouve dans le latin sternere, stratum "étendre" (-> estrade, strate) ; agein vient d'une base indoeuropéenne ag- "pousser devant soit (un troupeau)", comme le latin agere, actum "conduire" (-> agir). A l'époque impériale, le latin a emprunté au grec le substantif strategus "général d'armée" et par figure "président (d'un banquet)".

Stratège, terme d'antiquité (1721 n.m.) aussi écrit stratègue au XVIIIè s. désigne chacun des dix magistrats élus qui, à Athènes, étaient chargés de toutes les questions militaires, en particulier de la conduite des opérations terrestres ou navales.

Avec une valeur proche le mot désigne en histoire le chef de l'administration d'un nonce dans l'Égypte hellénistique (1904) et le gouverneur d'un thème de l'Empire Byzantin. 
Au XIXè s., stratège désigne par extension (1845) le général en chef d'une armée importante, qui conduit des opérations de grande envergure. Opposé à tacticien*, il désigne un spécialiste en stratégie ; cette acception est répandue à partir de la Première Guerre Mondiale ; le mot s'emploie familièrement et par ironie avec cette valeur (1909 R. Rolland), surtout dans les stratèges en chambre.

Stratège, aussi au féminin, désigne par figure (déb. XXè s.) une personne qui organise des plans à longue échéance.

 

STRATÉGIE : n.f. emprunté d'abord (1562) au latin impérial strategia, du grec stratêgia, le sens de "gouvernement militaire d'une province", sorti d'usage. 

Réemprunté au début du XIXè s; au dérivé du grec stratêgia  "commandement d'une armée", "charge de stratège" et "aptitude à commander une armée", il désigne (1803, Bloch et Wartburg, puis 1812) l'art de faire évoluer une armée sur un théâtre d'opérations jusqu'au moment où elle entre en contact avec l'ennemi, puis,  spécialement (1876), la partie de la science militaire qui concerne la conduite générale de la guerre et l'organisation de la défense d'un pays. Dans ,ces deux valeurs, le mot est opposé à tactique. Comme ce dernier, stratégie s'emploie par figure pour parler d'un ensemble d'actions coordonnées ; d'abord par métaphore du sens militaire (Pourquoi la paix n'aurait-elle pas sa stratégie ? E. de Girardin), ce sens ne s'est lexicalisé que plus tard par exemple dans stratégie électorale (stratège, en ce sens se répand peu avant 1914) ; par extension, il s'est introduit dans le vocabulaire de l'économie (1973, stratégie défensive), de la publicité (stratégie de communication) et désigne généralement  la manière d'organiser une action pour arriver à un résultat.

Le dérivé stratégiste  n. m. (1831, Block et Wartburg ; 1835, Académie) est un équivalent vieilli de stratège au sens militaire. Il a aussi désigné (1845) une personne qui écrit sur la stratégie.

Stratégique, adj. dérivé de stratégie ou emprunté au dérivé grec stratêgikos "d'un général" et "habile à commander", s'applique (1819) à ce qui concerne la stratégie, opposé à tactique, adj., et couramment (1872) à ce qui est relatif à l'art de la guerre.

En parlant de choses concrètes, il se dit (XXè s.) de ce qui présente un intérêt militaire, opposé par exemple à politique, économique.

L'adjectif s'emploie par extension (mil. XXè s.) pour qualifier un esprit, une intelligence apte à pratiquer la stratégie et se dit par figure et couramment (v. 1970) de ce qui est d'une importance cruciale pour la réalisation d'un plan (point stratégique).

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Le Robert - Dictionnaire historique de la langue française - page 3650 et 3651

- Michel Crozier, Friedberg Erhard : l'acteur et le système - Seuil 1977  >>> synthèse

- Olivier d'HERBEMONT,  Bruno CESAR : La stratégie du projet latéral / Comment réussir le changement quand les forces politiques et sociales doutent et s'y opposent - Dunod 1998
 

. Voir aussi la page bibliographie sur l'éthique >>>
. et la fiche de lecture sur le livre d'Edgar Morin : Éthique

 

 


Stratégie : page créée le : février 2005 modifiée le : 08 juin 2006

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